Préparer ses ruches à l’hivernage

Bien préparer l’hivernage de sa ruche, c’est mettre toutes les chances de son côté pour la réussite de l’hivernage et donc d’avoir une belle colonie au printemps.

L’intégralité de la colonie

Il est évident qu’il faut mettre des colonies à hiverner, c’est-à-dire des ouvrières de tous âges ET une reine. Il faut s’en assurer.

Mais aussi, dès que possible, ne pas hiverner de vieilles reines, car leur ponte ne sera plus quantitativement intéressante. Cela s’en ressentira vis-à-vis du nombre d’abeilles et donc de la qualité de la grappe.

Cette grappe aura donc des incidences sur la consommation hivernale.

Adaptation de la taille de la colonie

Une colonie en cours d’hivernage sur 3 cadres ne pourra pas stocker assez de réserves. Vous allez alors être tout le temps dessus pour la nourrir, puisque le candi sera la seule et unique nourriture, que vous allez donner en flux tendu.

Une colonie sur 10 cadres, avec le même nombre d’abeille qu’une autre sur 7-8 cadres, sera en charge de beaucoup plus de travaux d’entretien de l’espace intérieur. De plus, les réserves seront peut-être plus éloignées, et pourquoi pas inaccessibles…

Ce que je fais :

  • hiverner des colonies avec assez d’abeilles et de place pour les réserves
    • pour les ruchettes : 4 cadres c’est très juste, 5-6 la zone de “confort”, sachant que le 6ème cadre pourra être utile pour renforcer une autre ruchette
    • pour les ruches : resserrer les colonies sur 7-8 cadres diminuera les efforts des abeilles pour nettoyer, augmentera le confinement et limitera les déperditions de chaleur. Utiliser des partitions isolantes sera encore mieux qu’une partition toute simple, CQFD.

L’isolation

Il n’est nullement nécessaire d’isoler sa ruche, comme on isole sa maison. Les abeilles ne souffrent pas du froid, mais bien plus de l’humidité. Alors pour évacuer cet excès d’eau, une bonne ventilation, notamment par le plancher sera nécessaire.

Si vous avez, comme l’est écrit plus haut, resserré votre colonie, une partition réfléchissante sera un plus.

Par contre, il est primordial d’isoler le toit, soit par une mousse isolante ou un isolant mince. Le froid en hiver comme le chaud en été auront moins d’impact sur la colonie.

Les réserves de nourriture

peson

Par la pesée, vous saurez quelle quantité de miel la colonie possède pour affronter la mauvaise saison.

L’objectif est de faire arriver une ruche Dadant 10 cadres (D10), que la colonie occupe totalement, aux alentours de 35-36 Kg (sans le toit s’il est en bois). Enlevez 4 Kg par cadre manquant.

Pour une ruchette D6, l’objectif est d’arriver aux alentours de 18-20 Kg.

Soupesez l’arrière ou l’avant de la ruche avec le peson et multipliez par 2. Cela ne donne pas le poids exact mais vous donne une bonne indication de sa masse. Par exemple, une pesée de 16 Kg x 2 = 32 Kg. Vous devez alors, pour arriver à 35 Kg, donner 3-4 Kg de sirop.

Un nourrisseur couvre cadres de ruche, a une contenance de 7L ou 10 Kg de sirop.

Un nourrisseur pour ruchette 6 cadres a une contenance de 4 L soit 6 Kg de sirop.

Un deuxième, voire troisième passage pourra être nécessaire pour s’en assurer, par pesée.

Il est bien sûr évident que si vous avez des ruches en matériaux spéciaux : plastique, polystyrène ou bois léger, autre essence de bois car vous avez fait vos ruches vous-même ; il faudra en tenir compte pour l’objectif poids.

Personnellement, en Ile-de-France, j’essaie que le nourrissement au sirop soit terminé au 20 septembre. Donner du sirop fatigue les abeilles car il faut le transformer en miel en invertissant le sucre et enlever l’eau. En donner tard en saison peut écourter la durée de vie de abeilles d’hiver et favoriser l’apparition de la Nosémose.

Le traitement

Traiter le Varroa prévient la Varroase.

Par un traitement avant le 15 Août, vous mettez toutes les chances de votre côté pour avoir des abeilles d’hiver en bonne forme pour faire un bon hivernage.

La planche d’envol

Mettre les portes pour réduire les entrées est aussi indispensable et ce dès la dernière récolte de miel effectuée.

En les plaçant :

  • vous réduisez le pillage en cas de famine après récolte
  • vous empêchez l’entrée des rongeurs qui pourront trouver le gite et le couvert…
  • générez la prédation et l’entrée des frelons asiatiques, dont la pression se fera croissante en automne
Pour ne pas avoir çà

L’emplacement

Je l’ai dit, les abeilles n’aiment pas l’humidité. Alors hiverner ses ruches dans un endroit manquant de soleil et humide, vous prenez de gros risques à voir développer la nosémose par une claustration forcée des abeilles par rapport à un autre endroit plus sec. En effet, les abeilles ne pourront pas faire leur vol de propreté, autrement dit, elles vident leur ampoule rectale de leurs excréments.

Le redémarrage au printemps pourra être entravé car une sensation de froid persistant.

C’est aussi valable pour les ruchers en plein vent.

Bref, abritez-les du vent et plein soleil.

Pour résumer

Un traitement suffisamment tôt + un nourrissement en quantité et assez tôt + une jeune reine = un bon hivernage.

Il est évident que ne pas mettre une colonie qui n’est pas assez forte en fin d’été est pratiquement vouée à disparaitre. Alors pas de quartier et il faut sélectionner les plus belles.

Tout ceci est théorique mais rien ne remplacera la pratique. La mise en hivernage est selon moi, la principale étape dans l’apiculture pour l’année ! Car si vous la loupez, il n’y a aucune possibilité de correction.

Il ne faut pas oublier que le premier jour de l’année apicole, c’est le premier jour de l’hivernage.